Démissionner pour Suivre son Conjoint à l’Étranger : ce qu’il faut savoir

La nouvelle est tombée : on a proposé un poste à l’étranger à votre conjoint. Vous en avez discuté ensemble, vous avez pesé le pour et le contre. L’excitation est à son comble, vous avez envie d’accepter ! Vous avez raison, l’expatriation est une aventure formidable. Mais vous vous posez des questions, notamment sur votre carrière professionnelle à vous. Pour concrétiser ce projet, vous devez quitter votre emploi. Comment démissionner pour suivre son conjoint à l’étranger ? Une telle démission ouvre-t-elle des droits à l’assurance chômage ? Êtes-vous obligé de démissionner ou existe-t-il d’autres options ? Quid de la retraite ? Et ensuite, comment poursuivre sa carrière en expatriation ? Autant d’interrogations parfaitement légitimes. Je vous donne ici quelques réponses pour y voir plus clair.

Démission légitime pour suivi de conjoint en expatriation : les formalités

La bonne nouvelle, c’est que la démission pour suivre son conjoint est considérée comme légitime et ouvre vos droits à l’allocation chômage

Conditions de la démission légitime pour suivre son conjoint à l’étranger

Il y a trois conditions cumulatives pour bénéficier du régime de la démission légitime :

  1. vous devez être marié ou vivre maritalement, c’est-à-dire avoir le statut d’époux, pacsés ou concubins, et en justifier (acte de mariage, certificat de PACS ou certificat de concubinage avec preuves de vie commune) ;
  2. vous devez occuper votre emploi depuis au moins quatre mois ;
  3. votre conjoint doit s’installer à l’étranger pour des raisons professionnelles.

Vous remplissez ces trois conditions ? Alors passons à la suite : comment démissionner.

Lettre de démission pour suivre son conjoint et autres justificatifs

Vous vous en doutez, la première chose à faire est de formaliser la démission. Vous devez adresser une lettre de démission à votre employeur, par recommandé avec avis de réception ou en mains propres, en y listant les informations suivantes :

  • l’intitulé de votre poste ;
  • la date à laquelle vous avez débuté le poste ;
  • la raison de votre démission : conjoint muté dans telle ville, tel pays, et votre souhait de le suivre ;
  • la date de rupture de votre contrat, en mentionnant la période de préavis que vous effectuerez.

Pensez à constituer un dossier avec les justificatifs de l’emploi de votre conjoint à l’étranger (contrat de travail, attestation d’embauche, fiches de paye). Une fois installé dans votre pays d’expatriation, il est important de vous inscrire auprès du consulat pour justifier de votre résidence commune.

Droit au chômage et démission pour suivi de conjoint à l’étranger

Même si vous démissionnez, la cause étant légitime, vous avez droit au chômage. Mais pas tout de suite : vous ne pouvez pas toucher d’allocation française pendant que vous habitez à l’étranger. Vos droits au chômage sont maintenus pendant quatre ans. À votre retour en France, vous pourrez percevoir l’allocation chômage en France, à condition de ne pas avoir travaillé entre-temps.

Attention de ne pas rater le délai : il est également impératif de s’inscrire à Pôle emploi avant l’expiration des quatre ans ! Vous pourrez alors percevoir l’allocation pendant une durée maximale de deux ans.

Cotisation à la retraite du conjoint suiveur

C’est un point souvent oublié. On n’y pense pas forcément, mais le maintien des droits à la retraite du conjoint qui quitte son emploi est pourtant important ! L’organisme de retraite compétent est la Caisse des Français de l’Étranger (CFE).  Même si c’est de plus en plus rare, certaines sociétés prennent en charge les cotisations retraite du conjoint de son employé expatrié. Mais il faut penser à le négocier avant le départ, avant la signature du contrat. Sinon, vous pouvez aussi cotiser personnellement à la CFE.

La démission est la première solution à laquelle on pense. Mais savez-vous qu’il existe d’autres options ? Vous n’êtes pas forcément obligé de démissionner.

Quitter son travail pour suivre son conjoint à l’étranger sans démissionner

Je vous liste ici cinq solutions pour quitter votre emploi sans passer par la case démission :

1.   Le congé sans solde

Si vous avez peu d’ancienneté dans votre entreprise et/ou peu d’années d’expérience professionnelle, le congé sans solde est une option de suspension du contrat de travail intéressante.

2.   Le congé sabbatique

Cette option est ouverte aux salariés qui peuvent justifier de six ans d’expérience professionnelle et de 36 mois d’ancienneté dans l’entreprise. Le congé sabbatique est une suspension du contrat de travail pour 6 à 11 mois maximum.

3.   La rupture conventionnelle de votre contrat de travail

Il s’agit ici de rompre votre contrat de travail d’un commun accord avec votre employeur. La rupture conventionnelle vous permet de percevoir une indemnité de rupture conventionnelle et ouvre vos droits aux allocations chômage.

4.   La convention conjoints Cindex

Plusieurs dizaines d’entreprises françaises sont membres du Cindex et ont signé une convention pour faciliter les congés des conjoints suiveurs. Si les employeurs des deux conjoints sont signataires de la convention, celui qui suit bénéficie d’un droit au congé pendant 3 à 5 ans. Son contrat de travail avec son employeur est suspendu. À l’issue du congé, le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire, avec une rémunération équivalente.

5.   La mise en disponibilité

Cette solution concerne les agents de la fonction publique. La mise en disponibilité est accordée de droit pour suivre son conjoint ou partenaire à l’étranger. À son expiration, vous êtes obligatoirement réintégré à la première vacance dans votre grade.

Une fois que vous avez quitté votre emploi pour suivre votre conjoint en expatriation, vous vous posez la question : et maintenant ? Qu’est-ce que je fais ? Comment faire pour continuer à travailler ?

Suivre son conjoint à l’étranger et poursuivre sa carrière professionnelle

Suivre son conjoint à l'étranger et poursuivre sa carrière professionnelle

Quitter son travail pour suivi de conjoint n’est pas une étape facile. Mais savez-vous qu’expatriation ne veut pas forcément dire sacrifice professionnel ? Il est parfaitement possible de poursuivre sa carrière à l’étranger.

Les premiers mois, vous allez sûrement prendre le temps de vous installer et d’organiser votre vie quotidienne. Plus le choc culturel est important, plus cette phase d’adaptation peut être longue. Personnellement, j’aime beaucoup ce moment de découverte, où l’on alterne entre excitation et émerveillement, mais aussi petites galères et système débrouille. C’est l’occasion de visiter la ville et le pays et de rencontrer de nouvelles personnes. Cette étape est nécessaire pour se sentir bien dans votre nouveau pays de résidence. C’est aussi un break bien mérité après tous ces bouleversements ! Je vous invite d’ailleurs à lire mes cinq conseils pour réussir son expatriation.

Puis, au bout d’un certain temps, peut-être allez-vous ressentir un manque, un besoin, une envie de reprendre le travail. Sachez que la dépendance du conjoint d’expatrié n’est pas une fatalité, vous pouvez poursuivre votre carrière professionnelle à l’étranger. Si vous me connaissez un peu, vous savez que je prône la possibilité de concilier vie professionnelle et vie personnelle en expatriation.

Chercher un emploi dans votre pays d’expatriation

Tout dépend bien sûr du pays dans lequel vous avez posé vos valises. Certains ont un marché de l’emploi plus accessible que d’autres. Plusieurs facteurs entrent en compte :

  • Votre visa vous permet-il de travailler ? C’est un point essentiel à vérifier avant de partir ! 
  • Maîtrisez-vous la langue du pays ?
  • Votre métier et vos diplômes y sont-ils reconnus ?

Si vous répondez oui à ces questions, alors vous devriez pouvoir trouver un job dans votre pays d’expatriation. Sinon, la recherche d’un emploi salarié reste possible, mais risque d’être plus compliquée. J’ai travaillé pendant plus de 10 ans en expatriation, même dans des pays vraiment pas simples. J’ai ainsi pu travailler au Vietnam, en Thaïlande, au Turkménistan et à Hong Kong, avant de lancer ma propre activité.

Créer son propre business en expatriation

Créer son business en expatriation

Et si vous profitiez de cette opportunité pour vous demander ce que vous souhaitez réellement faire ? Cette parenthèse est propice à la réflexion. Interrogez-vous : qu’est-ce que j’aime vraiment ? Quels sont mes objectifs, mes priorités ? Quelle place est ce que je veux donner à ma vie professionnelle ? Quel rythme de travail serait idéal pour moi ?

Que vous choisissiez de garder votre métier ou d’en changer, pensez à l’autonomie, à la liberté et à l’indépendance qu’offre une activité nomade ! Il existe plusieurs statuts pour pratiquer une activité indépendante depuis l’étranger. Si votre profession s’y prête, vous pouvez continuer à l’exercer en offrant vos services en tant que prestataire externe freelance. Ou alors, changez complètement d’activité professionnelle ! C’est l’occasion de se reconvertir. Les idées de business en expatriation ne manquent pas.

Lorsque l’on a été salarié toute sa vie, il n’est pas évident de se lancer dans l’entrepreneuriat. J’en sais quelque chose, j’ai été dans cette situation. Ne restez pas seul, il existe des solutions pour vous permettre d’atteindre vos objectifs sereinement et efficacement. 

Multi-expatriée depuis 2007, j’ai créé mon activité freelance en expatriation. Depuis plus de trois ans, j’accompagne les conjoints d’expatriés qui souhaitent se lancer à leur tour. Avec mon programme de mentoring, je vous aide à trouver le business qui vous correspond, à définir les contours de votre projet et à le concrétiser. En tant que mentor, je suis la bonne amie sur laquelle on peut compter, qui est à votre écoute. Attention, par contre il va falloir mettre de l’huile de coude ! J’ai vécu la même chose que vous, je partage mon expérience, mes réussites, mais aussi mes erreurs. Nous construisons ensemble votre projet vers l’indépendance. Pour en savoir plus, contactez-moi !