Se reconvertir à la rédaction web depuis l’étranger : Inga Penverne nous raconte son parcours

Inga a le profil typique du conjoint expatrié : longues études, succès professionnel, carrière prometteuse et… bouleversement de l’expatriation. En 2012, elle quitte tout pour suivre son mari à l’étranger. Partir explorer le monde était un rêve qu’ils nourrissaient à deux. Après plusieurs années de tâtonnement, elle décide de se reconvertir et de devenir rédactrice web. Inga nous raconte son parcours, son cheminement et ses projets. Un témoignage inspirant qui prouve qu’à force de volonté et de ténacité, on peut rebondir et s’épanouir professionnellement en expatriation.

Multi-expatriée depuis 2012

J’ai toujours été attirée par l’étranger, la diversité, la découverte du monde. Je suis issue d’une double culture franco-tchèque et mon père a pas mal roulé sa bosse dans sa jeunesse. Il m’a transmis son goût pour les voyages. Le désir d’ailleurs a toujours été là. Un jour, une opportunité professionnelle à l’étranger s’est présentée pour mon conjoint. Nous avons décidé d’accepter de partir en expatriation en Allemagne, à côté de Francfort. C’était en 2012. Neuf ans et deux enfants plus tard, nous sommes toujours expatriés. Après l’Allemagne, nous avons vécu trois ans à Séoul, en Corée du Sud, et depuis 2019, nous résidons à Sydney, en Australie.

D’avocate à mère au foyer : la douche froide de l’expatriation

Un départ en expatriation plein d’espoir

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours su que je ferais de belles études et que j’aurais une carrière professionnelle prestigieuse. L’indépendance professionnelle et financière était une évidence pour moi. Pas une fois il ne m’est venu à l’esprit que je pourrais être dépendante de mon conjoint…

Je suis d’un naturel cartésien, avec une sensibilité littéraire, le droit était donc fait pour moi ! Après huit années d’études, je me suis lancée dans une carrière d’avocate en propriété intellectuelle. J’ai tout de suite adoré mon métier, j’étais passionnée ! Je travaillais dans un cabinet d’avocats prestigieux, je gagnais très bien ma vie. Mais je commençais aussi à saturer : la vie parisienne n’est pas tendre, surtout pour une fille du Sud comme moi ! Avec mon mari, on avait envie de prendre le large. On cherchait un meilleur cadre de vie pour fonder une famille. On était épuisés par le rythme « boulot – métro – dodo ».

Quand l’opportunité de partir en Allemagne s’est présentée, on n’a pas hésité longtemps. J’étais persuadée qu’en quelques mois, je maîtriserais assez l’allemand pour pouvoir travailler au moins en tant que juriste. Quelle naïveté !

Une réalité bien plus compliquée

J’ai vite déchanté. Je ne parlais pas un mot d’allemand en arrivant et j’ai compris que la difficulté de cette langue n’était pas un mythe… Au bout de six mois, j’arrivais à peine à faire mes courses, commander au restaurant et tenir une conversation simple, en faisant plein de fautes ! Alors travailler dans le juridique, où par définition les mots et la maîtrise de la langue sont essentiels, était exclu.

Et puis nous avons eu notre premier enfant. J’ai apprécié de pouvoir passer du temps avec lui, de m’en occuper. Mais en Allemagne, le congé maternité dure un an et il n’y a pas de mode de garde pour les enfants de moins de douze mois. Je me suis donc retrouvée mère au foyer, à faire le ménage, le repassage, la cuisine, etc. Exactement ce que j’avais toujours dit que je ne ferai jamais ! Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais…

Je ressentais une énorme frustration. J’ai fait quelques formations en droit pour maintenir mes connaissances et mon niveau. Et rapidement, en accord avec mon conjoint, nous avons demandé à être en mobilité. L’objectif : partir dans un pays dans lequel je puisse travailler, au moins en anglais. Et là, on nous a proposé la Corée du Sud. Ce n’était pas du tout ce que nous recherchions, mais il s’agissait d’une offre que mon époux ne pouvait pas refuser. On est donc partis au pays du matin calme.

Le piège de la vie confortable du conjoint expatrié

Impossible pour moi de travailler à Séoul. D’ailleurs, mon visa de conjoint ne me le permettait pas. Le droit évolue tout le temps et cela commençait à faire trop longtemps que je ne travaillais plus. J’ai alors commencé à faire le deuil de mon métier. Ça a été dur, il m’a fallu plusieurs mois pour tourner la page.

Nous avons eu notre deuxième enfant et j’ai peu à peu goûté au plaisir de l’oisiveté de la vie d’expatrié. En Corée, nous avions de l’aide à domicile, le quotidien était confortable. J’ai rencontré des personnes formidables et lié de belles amitiés. J’ai visité Séoul et la Corée avec des amis, pris des cafés entre copines et passé du temps qualitatif avec mes enfants. Ce sont de belles années que je ne regrette pas du tout !

Mais au bout d’un certain temps, j’ai commencé à me sentir inutile. J’avais l’impression de régresser intellectuellement. Il me manquait quelque chose, un but, un objectif. Je n’avais rien créé et les années passaient à une vitesse folle ! J’ai eu un sursaut, je me suis dit « ce n’est pas ça la vraie vie ! Si je continue comme ça, je vais devenir complètement inadaptable, incapable de revenir en France ou en Europe ». J’ai donc décidé de sortir de mon cocon de femme expatriée et de me prendre en main. J’avais besoin de retrouver mon indépendance et de me sentir fière et légitime.

La reconversion dans la rédaction web depuis l’étranger

J’ai alors réalisé que le métier d’avocate, que j’avais idéalisé toutes ces années, n’était pas si bien que ça. C’est bien connu, on ne garde que les bons souvenirs… Reprendre mon métier aurait impliqué des journées de travail à rallonge, peu compatibles avec une vie de famille. Je voulais passer du temps avec mes enfants. Et puis, c’est un métier stressant et difficilement conciliable avec la vie d’expatrié : déménagements fréquents et diplôme pas reconnu partout. Alors l’idée de me reconvertir a commencé à faire son chemin…

Je me suis demandé : « qu’est-ce que tu aimes ? », « qu’est-ce qui te plaisait le plus dans ton ancien métier ? ». La réponse s’est imposée comme une évidence : manier les mots, écrire. J’ai alors cherché sur internet les métiers qui pourraient correspondre. J’ai d’abord pensé au journalisme, à la relecture et correction. Et au fil de mes recherches, j’ai découvert la rédaction web que je ne connaissais pas du tout. Je me suis dit voilà, c’est ça que je veux faire ! C’était en effet l’activité idéale pour moi. Je pouvais l’exercer en freelance et l’emporter avec moi partout dans le monde. À mon compte, je pouvais m’organiser comme je voulais, profiter de ma famille et avoir du temps pour moi. J’ai donc suivi une formation en ligne et ça a été la révélation.

Devenir rédactrice web en expatriation : le projet qui donne du sens à mon quotidien

Cela fait maintenant plus d’un an et demi que j’exerce le métier de rédactrice web en freelance. Je rédige des pages de site web, des articles de blog, des fiches produits, des newsletters, etc. Voulant aller plus loin, j’ai fait une formation complémentaire en SEO (référencement naturel). Je fais des audits et j’optimise les sites pour qu’ils soient bien référencés par les moteurs de recherche. Je prévois de continuer à me former pour diversifier mon offre de prestations. J’aimerais ajouter le management de réseaux sociaux à mes compétences.

J’ai trouvé mon équilibre, je travaille à mon rythme, j’ai des missions et des clients variés. Bref, je m’éclate ! J’aime la liberté que le statut de freelance accorde. Je travaille quand je veux, où je veux et comme je veux. Mais attention, cela demande autonomie, rigueur et organisation ! Personnellement, j’y trouve mon compte. C’est un statut qui me convient parfaitement.

Bien entendu, tout n’est pas rose. Les deux principaux inconvénients que je rencontre sont :

  • La solitude : il est parfois un peu dur d’être seule devant mon écran. J’envisage d’ailleurs de rejoindre un espace de coworking quelques heures par semaine.
  • Le décalage horaire : tous mes clients sont en France ou en Europe. Nous avons entre 8 et 10 heures de décalage. Nos réunions en visio sont donc le soir, ce qui n’est pas l’idéal.

Le portage salarial : la solution qui m’a permis de me lancer

Lorsque j’étais en pleine recherche pour lancer mon projet, j’ai découvert Mrs Fanjat. Je cherchais une solution pour facturer mes clients, sans avoir à créer de structure juridique dans mon pays d’accueil. J’ai discuté avec Anne de mes besoins et on s’est tout de suite bien entendues. Le portage international est la solution parfaite pour moi : pas de prise de tête, pas de paperasse, pas de factures. Je me concentre sur mon activité et Mrs Fanjat s’occupe du reste !

Mes trois conseils pour lancer une carrière nomade quand on est conjoint expatrié :

  1. Ne pas procrastiner : on a toujours mille doutes et tant d’excuses pour repousser le lancement d’un projet. Par exemple que ce n’est pas le bon moment. Mais ce n’est jamais le bon moment ! Allez-y, lancez-vous ! Même si vous déménagez, même si le Covid-19 chamboule tout, même si… Le temps passe vite et il est précieux !
  2. Croire en vous : ce n’est pas parce que vous avez arrêté de travailler pendant plusieurs années que vous êtes nulle. Pour reprendre confiance en vous, faites une formation et remobilisez vos facultés intellectuelles. Elles ne sont pas bien loin, elles ont juste besoin d’être réveillées !
  3. Parler de votre projet : discutez avec votre conjoint, avec vos amis, votre famille. Abordez le sujet dans les réseaux d’expatriés, partagez votre projet avec les autres. D’une part, vous en retirerez un soutien et des conseils essentiels pour vous lancer. Et d’autre part, en formulant votre projet, avec vos mots, cela le rendra tangible et réel. C’est le déclic dont vous avez besoin pour le concrétiser.

Pour en savoir plus sur Inga Penverne, ses offres et son parcours, consultez son profil LinkedIn.

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